Hypnose ésotérique, 3 pratiques réunies sous un seul nom
L’hypnose ésotérique n’est pas une variante de l’hypnose thérapeutique. C’est une pratique qui y ajoute la régression vers des vies antérieures et la lecture de ce que ce milieu nomme des interférences. L’hypnose s’étudie et fait l’objet de travaux sérieux, y compris en milieu hospitalier. Ces 2 ajouts, eux, ne reposent sur aucune démonstration.
Cet article est écrit par une praticienne de cette approche, et cela change ce qu’on peut en attendre. Docteure en biologie de la santé, ancienne enseignante en biologie moléculaire et en physiologie, je pratique l’hypnose régressive selon la méthode d’Aurore X. Chevalier et de Calogéro Grifasi. Cette position permet de décrire le travail de l’intérieur et d’en situer les frontières, ce que les pages de présentation font rarement.
Le terme réunit 3 pratiques que rien n’oblige à accepter ensemble. L’hypnose désigne un état de conscience modifié que l’on sait provoquer, qui se travaille et qui fait l’objet de recherches. La régression consiste à remonter vers des mémoires anciennes, jusqu’à ce que cette approche nomme des vies antérieures, et le terrain de la démonstration s’arrête à cet endroit précis. L’ésotérique recouvre enfin les entités, les interférences et la canalisation, qui relèvent entièrement d’une lecture symbolique.
Cette réunion sous un seul mot n’est pas neutre. La première pratique possède ses protocoles et ses publications, les 2 suivantes n’en ont aucune, et le nom commun laisse la crédibilité de l’une déteindre sur les autres. Une bouture plantée près d’un arbre solide ne profite pas de ses racines pour autant. Savoir où passe cette frontière reste le préalable à toute prise de rendez-vous, ici comme ailleurs.
La particularité de cette approche tient à une inversion que les pages de présentation détaillent rarement. Ce n’est pas toujours la personne accompagnée qui entre en hypnose, mais un tiers appelé support télépathe, qui explore et rapporte ce qu’il perçoit. Je me présente comme thérapeute télépathe parce que c’est le rôle que j’occupe pendant la séance. La personne reste éveillée, présente, et entend ce qui se dit au moment où cela se dit.
Cette organisation résout une difficulté fréquente. Beaucoup de personnes n’entrent pas facilement en hypnose et se le reprochent, comme si elles opposaient une résistance volontaire. Dans ce cadre, la question ne se pose plus dans les mêmes termes, puisque l’accès ne dépend pas de leur aptitude à l’état hypnotique. Le travail redevient possible pour des profils qui en étaient écartés jusque-là.
Une séance s’ouvre par une intention et se referme par une autre. Ce cadre délimite le moment, comme une porte que l’on referme en quittant une pièce. Ce qui sera regardé, jusqu’où le travail ira et ce qu’il en sera fait ensuite se décide avec la personne avant de commencer, jamais à sa place.
Les faux souvenirs, ce que la recherche établit
La mémoire humaine n’est pas un enregistrement. Elle se reconstruit chaque fois qu’elle est sollicitée, et elle se laisse influencer par la manière dont on l’interroge. Ce point est documenté et vaut pour tout le monde, sans exception ni tempérament particulier.
Sous hypnose, cette malléabilité augmente. Une personne accompagnée peut produire un souvenir détaillé, cohérent, chargé d’émotion, et pourtant faux. L’intensité du ressenti ne dit rien de la réalité de ce qui est raconté, et c’est précisément là que le piège se referme, puisqu’un souvenir vécu avec force emporte la conviction de celui qui le traverse.
Ce constat ne disqualifie pas ce qui se passe en séance, il indique ce qu’il ne faut pas en faire. Un contenu remonté sous hypnose ne prouve rien, ne date rien et n’accuse personne. Il ne devrait jamais servir à désigner un coupable dans une famille, ni à réécrire une histoire ancienne comme si l’on venait d’en retrouver la preuve. Ce qui remonte parle de la personne aujourd’hui, de ce qui se répète chez elle et de ce qui la bloque, et cette matière-là se travaille utilement. Le reste appartient au symbole, et le symbole ne se confond pas avec une preuve.
En pratique, cela suggère 2 précautions avant et après une séance. Avant, il vaut mieux savoir ce que l’on vient chercher, parce qu’une attente précise oriente moins qu’une question ouverte. Après, il est prudent de laisser reposer ce qui est remonté pendant quelques semaines avant d’en tirer une conclusion sur sa vie ou sur ses proches. Ce qui garde son sens après ce délai mérite d’être travaillé, le reste s’efface souvent tout seul.
Consentement et libre arbitre, ce qui conditionne l’accès
Le passage n’est jamais forcé. La télépathie s’emploie selon l’état de conscience de la personne et selon ce que son âme accepte de transmettre. Si la conscience refuse l’accès, la séance s’arrête à ce point. Aucune autre porte n’est cherchée, rien n’est repris plus fermement, et aucun effort supplémentaire n’est demandé.
Chacun reste maître de sa destinée et conserve son libre arbitre entier. Une porte qui ne s’ouvre pas ce jour-là ne constitue pas un échec, et surtout pas celui de la personne accompagnée. La confiance est à gagner par la thérapeute, elle n’est jamais à mériter par la personne qui consulte. Tant qu’elle n’est pas établie, il n’y a rien à forcer et tout à attendre.
Ce qui ouvre réellement, c’est le désir de comprendre. Vouloir regarder ses traumatismes et reconnaître les schémas qui se répètent, ceux qui reviennent année après année et qui retiennent l’éveil, voilà ce qui rend le travail possible. Une personne envoyée par un proche n’a pas ce désir, et l’absence se perçoit dès les premières minutes.
De ce principe découle une règle simple, héritée de mon école et pleinement assumée ici. Une séance ne se demande pas pour quelqu’un d’autre, ni pour un conjoint, ni pour un adolescent, ni pour un proche que l’on aimerait voir changer. La question à poser est courte, cette séance, elle est pour qui ? Si la réponse désigne l’autre afin que le quotidien devienne plus simple, alors le travail à mener concerne celui qui demande, et le soin énergétique part de la même règle, vous décidez de ce sur quoi nous travaillons.
Le signal le plus grave tient en une phrase et suffit à lui seul. Une pratique qui décourage de consulter un médecin ou un psychologue, qui suggère d’espacer un traitement ou de se méfier d’un diagnostic, doit conduire à partir immédiatement. Aucun accompagnement ne remplace un soin, celui-ci pas davantage qu’un autre, et ce travail se pose à côté de la médecine, jamais devant elle.
Le deuxième réflexe consiste à regarder qui a créé le problème. Lorsqu’une menace jusque-là inconnue est décrite, une attaque, une présence ou une malédiction, et que la séance se présente comme la réponse à cette menace, la peur et son remède proviennent de la même personne. Ce mécanisme se reconnaît facilement une fois qu’il est nommé, et il ne constitue en rien un diagnostic.
Trois détails en disent long, enfin. La promesse d’un résultat, alors que personne ne peut garantir ce qui remontera ni ce que cela changera. Un tarif que l’on refuse d’annoncer à l’avance, alors qu’un prix s’énonce en une phrase. Et l’urgence, ce besoin de faire revenir vite avant qu’une porte ne se referme. Une saison ne se hâte pas, et un accompagnement sérieux non plus. Une praticienne qui énonce elle-même les limites de son travail offre de quoi la juger, et c’est le minimum que l’on doive à qui vient consulter.
Quelques questions posées avant de réserver suffisent à lever l’essentiel des doutes. Combien coûte la séance et combien de temps dure-t-elle ? Que se passe-t-il si rien ne remonte ? Le praticien travaille-t-il avec des personnes suivies par ailleurs, et comment se positionne-t-il vis-à-vis de ce suivi ? Un professionnel serein répond à ces 3 questions sans détour et sans les retourner contre celui qui les pose.